Genève (un peu plus) Suisse

Magazine d'information de la ville de Genève

Magazine d’information de la ville de Genève
N°47 – Septembre 2012

Le 1er août, fête nationale, normalement un discours du maire, quelques animations, un repas puis un grand feu (ah oui un hymne national aussi!)…

Cette ville s’était prise pour un standard depuis quelques années, montrant le dos parfois à la Suisse pour se tourner vers sa grande voisine la France et Paris en particulier. Au point que certains élus ont même trouvé bon ne pas aller à certains événements à Berne préférant se rendre plutôt dans la capitale française plus à leur convenance ou prétendue mesure. En effet, Genève partageant plus de cent kilomètres de frontière commune avec la France et environ quatre avec la Suisse, il aurait pu ainsi paraître logique et de la plus grande utilité pour ce canton d’environ 400’000 âmes de se comporter de la sorte. Il n’en était évidemment rien. Ce sont deux pays distincts, à partir de leurs modes de fonctionnement respectifs et leurs systèmes politiques bien qu’ils partagent beaucoup de valeurs communes ainsi que le mot République.

Ce rapport en kilomètres de frontière si défavorable de prime abord m’aurait poussé à la démarche opposée, c’est-à-dire à me rendre à Berne toutes les semaines pour rappeler que même si elle est différente, la plus petite des grandes villes du monde mérite que la Suisse la soutienne (plus). De sa mère patrie et non d’une capitale voisine qui pourrait éventuellement considéré une coopération à condition qu’elle soit bien entendu à son avantage, on se souviendra longtemps de la brillante (brûlante?) idée du sommet G8 tenu à Evian. Raccourcis me direz-vous? Certainement. Je n’ai guère d’intérêt pour la vie politique de cette cité et ne m’informe pas outre-mesure de ce qui s’y passe. Manque de volonté ou d’intérêt c’est selon.

Je ne ne sens pas non plus de patriotisme démesuré mais je remarque que je suis toujours content de rentrer au bercail, à Genève ou alors à Bâle comme ce fut le cas à certaines occasions ces dernières années. Les valeurs de ce pays et sa stabilité me correspondent. De plus, le chemin sur lequel avance la communauté européenne ne m’inspire guère, cela au delà du respect que je garde pour cette organisation ainsi que sa démarche soutenue par son histoire. La faillite de la Suisse nous était annoncée au soir du 6 décembre 1992, jour du vote négatif à l’adhésion à l’espace économique européen, certains pleurants dans la rue à l’annonce des résultats du scrutin révélant un clivage sans précédent à cette époque entre les cantons francophones et le reste du pays.

Ce clivage était appelé Röstigraben et injustement repris par les médias pour des raisons d’audience. Le passé est utilisé à dessein ici, la richesse de ce petit état en est sa diversité, qu’elle soit linguistique, culturelle ou encore dans les différentes mentalités qui s’y entrechoquent. Force est de constater que la faillite annoncée n’est pas arrivée bien au contraire, et si elle n’est pas épargnée par les crises financières ou même attaquée de toutes parts, la Suisse s’en sort bien, voire (bien) mieux que les autres, à commencer par ses voisins européens immédiats.

Le 1er août dernier mon téléphone sonne: des combats de reines se déroulent en ce moment sur la plaine de Plainpalais (une grande place du centre de Genève)! J’entends l’ambiance à l’arrière de la conversation et n’en crois pas mes oreilles. Genève se serait-elle enfin (re)tournée vers la Suisse ? Je m’y rends donc sans trop savoir à quoi m’attendre. Les combats de reines sont normalement organisés en Valais avec des vaches de la race d’Hérens. Les règles y sont strictes et les animaux s’affrontent dans le respect et la dignité. La place est bondée, les gens crient et applaudissent. L’émotion est palpable dans l’arène arrangée pour l’occasion. La démarche des combats de reines au centre de Genève est allée plus loin que le simple spectacle. Les personnes ont pu poser leurs questions, les acteurs de ce spectacle ont expliqué leur vie avant, pendant et après ces combats à un public intéressé par l’échange,  épaté et conquis.

Le 1er août 2012 Genève s’est un peu rapprocher de la Suisse, que cela ne reste pas une initiative isolée et qu’ainsi un vrai changement s’amorce, les quatre kilomètres de frontière communes sont essentiels, ils seront à privilégier dans l’avenir et si on vous pose la question, dites que le Röstigraben n’existe plus.

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