Archive for category Motorcycle

Gold King Mine Ghost Town.

Détour par Jerome et Sedona : 3ème essai sur un voyage unique en Harley-Davidson,  après ceux consacrés à San Francisco et Oatman.

P_20131003_115232L’Arizona est un endroit particulier, certainement pour ses paysages à vous couper le souffle mais encore plus pour les personnes que vous pouvez y rencontrer. L’endroit ne ressemble à rien que je n’aie pu voir jusqu’à maintenant. Bienvenue à GOLDKING MINE GHOST TOWN ! Une vieille mine abandonnée qui regorge d’objets divers et variés, du plus simple outils à la voiture unique plus que centenaire. On y trouve également plusieurs dizaines de planches de bois débitées et prêtes à être travaillées, un cabinet dentaire reconstitué et apparemment réputé comme donneur de soins sans douleur, des jouets pour enfants, des machines de chantier, une voiture électrique de 1902  et plus encore…

P_20131003_121838Plusieurs dizaines de véhicules se trouvent ici, certains entièrement restaurés, d’autres dans leur jus comme on dit dans le jargon de la vieille bécane.  Les plus précieux sont abrités sous de petits hangars ou garage, des plaques expliquent leurs histoires et d’autres sont dehors, parfois posés à même le sol,  en attente d’une destinée entre les mains de leur propriétaire. Ainsi se trouve-t-on parfois devant des scènes cocasses: une voiture de police semble regarder béatement la vallée et la bourgade de Jerome située à une mile au dessous de la mine. Ou encore cette voiture de pompier côte à côte avec « sa » dépanneuse, arrivées ici apparemment au terme de leur dernier voyage. Et puis le bois côtoie le métal partout, sur les voitures ou à côté des motos, des planches à peine débitées ou encore des travaux en cours, tables ou encore pièces gravées.

Je suis partagé par le chaos ambiant voire ému par le caractère quasiment artistique évident suivant l’arrangement de certains espaces qui sont offerts à mon regard.

P_20131003_113342Nous rencontrons le propriétaire des lieux, le personnage semble sorti d’un film : barbe blanche, salopette et chapeau. Le collectionneur nous montrera plusieurs de de ses pièces, dont une Harley-Davidson Flathead de 1946 sur laquelle je reviendrai peut-être dans un autre billet et plusieurs voitures, motos ou encore moteurs. L’homme vit apparemment en ces lieux depuis 30 ans. Né la même année que son Flathead, il est maintenant sur ce site avec ses deux fils.Accessible, il me parle calmement avec un anglais facile. Il démarrera sans autre sous nos yeux une voiture de  course (short track) et le fameux flat head de ’46 à notre demande . Les trophées en attestent, excellent pilote et encore sur les pistes lorsque l’envie lui en prend, il me raconte alors avec une fierté teintée d’humilité ses exploits au volant de cette voiture jaune portant le numéro 28, s’appuyant sur des preuves photographiques affichées sur les murs des lieux. Les motos sont jusque dans son salon où trône une autre Harley-Davidson,  moto de course de short track également :la XR 750.

Sa simplicité dans le sens le plus noble du terme me touche beaucoup. Sa clairvoyance en fait une personnalité vraie, sans conflits ni ambiguïtés.

Je lui demande alors avec un anglais rudimentaire si son occupation principale passée, actuelle et future repose sur la restauration et la réparation de véhicules, pensant à la tâche restant à accomplir à la vue de toutes les pièces encore disponibles sous mes yeux. Il me répond que ce n’est pas le cas, qu’il n’a aucun plan en la matière. Certaines pièces resteront ainsi, et d’autres seront peut-être remise en état, ou pas. Il me dira également que parfois, il souhaite simplement se rendre au circuit  short track rouler, sans autre chose ou idée en tête…

– Copyright ©: All pictures and texts by Frederic Galetto –

, , , , , , , , , , , , , , , ,

Leave a comment

Riding the 66 to Oatman, AZ.

This is the second post about my trip in the South west of the USA in October 2013 on a Harley-Davidson.

The pictures speak for themselves. I can write with my basic English this time 🙂 following the one in French about San Francisco. Time stops 50 years ago or more on the 66. A break in Oatman is a must after riding the Stigreaves Pass on the tricky Black Mountains roads. Country and plants are strange, sun is hot…. and so are the shops… See by yourself:

– Copyright ©: All pictures and texts by Frederic Galetto –

, , , , , , , , , , , ,

Leave a comment

San Francisco: Homeless.

Ce post est le premier d’une série suivant un voyage effectué à moto dans le sud ouest des USA en octobre 2013.

wpid-P_20131011_144912.jpgLes embruns du Pacifique amènent leurs nuages qui surplombent le Golden Gate puis San Francisco. Ils offrent une lumière continuellement changeante, qui me poussent à lever les yeux. La ville est superbe avec ses collines, ses maisons colorées et son architecture unique. Je suis constamment à la recherche du meilleur angle pour ma photo… Jusqu’au moment où je dois détourner mon regard vers le sol. Ils font aussi partie de San Francisco, ou SF comme on l’appelle plus communément: les homeless. Je dois regarder où je vais pour éviter un corps sur Market ou Mission street. Ils sont ailleurs aussi, femmes, hommes, adolescents, vieillards ou encore vétérans. Certains handicapés moteur ou mental, ou encore sous l’emprise de l’alcool ou de drogues.

wpid-P_20131011_193709.jpgLes plus créatifs se font musiciens : Quelques vieux pots de peintures faits de plastique, quelques bouteilles et un peu d’adhésif avec une pointe de créativité font l’affaire et permettent un show digne de festivals vers Union Square ou Powell Station, le tout devant des touristes épatés. D’autres plus réservés et moins exubérants jouent de la guitare et chantent sur Colombus à la sortie des bars et restaurants. Les moins entreprenants sont debout, le gobelet usagé à la main, ou encore assis sur leurs déambulateurs voire dans leurs chaises roulantes. Certains, plus désespérés ou fatigués de la vie, sont quant à eux étendus à même le trottoir, avec un panneau de carton résumant leur situation, parfois en un mot ou deux leurs passés. D’autres enfin, se mettent aux carrefours et haranguent le trafic, espérants quelques pièces.

Finalement, il y a la limite, celle que mon regard ne peut tolérer ou que mon cerveau ne peut interpréter correctement, quand le supportable est dépassé. J’ai par mégarde pris un homme sur une chaise roulante pour un de ces caddies rempli de toutes sortes d’objets que les homeless trainent et gardent précieusement. Ce que la vie leur a laissé ou ce qu’ils ont pu en récupérer. Assis dans sa chaise roulante, l’homme est plié en avant, couvert d’habits et de lambeaux de tissus. Inerte, la tête vers le bas, sur la descente des genoux. Un autre est couché sur le sol entre deux voies à la circulation intense, au pied d’un feu, le visage à même les gaz d’échappement. Puis mon regard croise celui de l’éborgné sur la 4ème, en pleine journée. Les traits du visage saillants, l’oeil unique est noir, profond. Il me dit quelques mots que je ne comprends pas.

Enfin il y a aussi l’handicapé ou la personne sous la prise de substances, parfois je ne saurai pas faire la différence. Il ou elle me rappellera des réflexions en l’air de fin de soirées d’ado trop arrosées, mais je bascule dans l’horreur cette fois. A San Francisco, on se prend de face le candélabre ou le parcomètre, c’est apparemment normal. Le choc se suit d’une réflexion ou d’une insulte. On salue aussi la poubelle sur Market Street…

wpid-IMG_20131226_123740.jpgPersonne ne se retourne, personne ne voit, personne n’entend. Je ne les photographie pas, j’hésite à demander puis renonce. Je ne suis pas prêt, pas assez mature. Prendre l’image du visage d’un écorché de la vie me fait peur, m’angoisse ou me gêne. Ou alors c’est de l’humilité face à un défit qui m’est encore insurmontable : celui de les voir « justes », sans jugement aucun. Ils sont là, maintenant, face à moi, partout où je vais. Accepter l’inacceptable demande un effort, encore au delà de mes forces semble-t-il.

Libéral, je crois en l’humain, à la capacité, au génie et à la réussite individuelle ou collective, pas par doctrine mais par respect.

wpid-IMG_20131226_124140.jpgCes scènes, apparemment admises et normales s’offre à mes yeux partout et à toute heure durant mon court séjour à San Francisco. Elles prennent une dimension particulière dans certaines circonstances : depuis la table d’un bon restaurant de Soma ou de Little Italy – de quoi donner une saveur inattendue à mon repas. Ou encore en rentrant à pieds jusqu’à mon hôtel en fin de soirée, où je me dis que s’il fait froid en Californie en octobre, pour certains l’atmosphère est glaciale. Enfin me vient à l’esprit l’éternelle question: Donner. A lui? A elle? Et pourquoi pas aux autres? Y aurait-il un « charity business » dans les rues de San Francisco ? Je me le demande. La ville me laisse finalement sans voix; beauté, richesse, innovation, misère et homeless*: Brutal.

– Copyright ©: All pictures and texts by Frederic Galetto –

*homeless: sans abris.

, , , , , , , , , , , ,

1 Comment